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Le four solaire de Bouzareah, baptisé
"Héliodyne", se situe dans l'enceinte de
l'Observatoire d'Alger, sur le site actuel du Centre de
Développement des Energies Renouvelables. Une
description détaillée se trouve sur le
site
Internet du CDER.
HISTORIQUE
En 1943 déjà, pendant la seconde guerre
mondiale, et au plus fort de la guerre sous-marine, les
navires charbonniers venant dAngleterre et alimentant
les centrales thermiques algériennes étaient
régulièrement coulés en Atlantique, ce
qui a provoqué une crise énergétique en
Algérie, trente ans avant la Crise mondiale de 1973.
Le Gouvernement Général de l'Algérie
chargea alors M. Maurice TOUCHAIS, spécialiste de la
thermique, d'étudier les possibilités
d'utilisation de l'énergie solaire, si abondante au
Sahara, pour soulager les centrales thermiques du pays. A
moins d'envisager un transport de chaleur sur plus de 1000
km, le problème apparut rapidement quasi insoluble en
raison de l'absence dans le désert de la source
froide exigée par la thermodynamique.
L'idée ne fut pas abandonnée pour autant. Un
peu plus tard, c'est-à-dire en 1944, le Conseil
Supérieur de la Recherche Scientifique
Appliquée en Algérie (C.S.R.S.A.A.) envisagea
des applications chimiques de l'énergie
solaire.
OBJECTIFS
Le four solaire de Bouzareah ou Héliodyne
était destiné à des fins bien
précises et choisies objectivement afin de
dobtenir à léchelle dune
expérience semi-inductrielle , des produits
susceptibles dun débouché direct sur le
territoire algérien.
Il sagit principalement de la synthèses
à partir de loxygène et de lazote
atmosphérique, de lacide azotique
destiné à la fabrication dengrais
azotés, ainsi que le cracking de certains
composés organiques contenus dans des gisements de
gaz naturels découvert en Algérie.
Le prototype devait également permettre de
procéder à des études
expérimentales à plus grande échelle
que celles qui avaient été menées
jusqu'ici.
Il avait été projeté de répartir
un grand nombre de ces miroirs réacteurs sur les
Hauts Plateaux algériens. Une grande industrie
pourrait ainsi y naître.
REALISATION
Cette réalisation prestigieuse de plus de 40
tonnes et dont la hauteur atteint près de 9
mètres, a été étudiée et
construite par la Société des Anciens
Etablissements Sautter-Harle (1952-1954) pour
répondre à des caractéristiques
remarquables qui lui ont valu le titre du plus puissant four
solaire au monde. En effet l'Héliodyne de Bouzareah
se distingue par :
Un miroir paraboloïde de 8,40 m de diamètre,
monté sur charpente treillis en aluminium AG-5, avec
tendeurs de précontraintes afin de réduire au
maximum les déformations soit au cours des
mouvements, soit sous l'effet d'un vent pouvant souffler
à 200 km/h.
Une distance focale de 3,14 m, monture équatoriale.
La concentration dans le plan focal dépasse les
21.000 soleils, ce qui donne la plus forte concentration de
rayons ultraviolets obtenue jusqu'alors dans le monde. Le
facteur de réflexion d'un tel miroir est de l'ordre
de 0,80, à peu près dans tout le spectre.
Les miroirs élémentaires, au nombre de 144,
sont disposés suivant leur concavité et leur
dimension en forme de coupole renversée, chaque
élément étant monté sur des
rotules permettant un réglage fin et tout l'ensemble
guidé par des cellules avec la précision d'un
télescope. Ce dispositif permet d'obtenir une image
solaire d'une dizaine de centimètres. Et ainsi, pour
une surface de la parabole de 50 mètres
carrés, on arrivait à des températures
de plusieurs milliers de degrés.
Mais, le plus remarquable dans ce four c'est sans doute la
précision du mécanisme de poursuite du soleil:
4 cent millièmes, soit une erreur de 4 m pour un
observateur placé à 100 km. Les
réducteurs d'entraînement pouvaient être
soumis à des couples énormes dus aux coups de
vent (soit 10.000 m/kg) sans que cette précision en
souffre.
Le mouvement d'orientation de l'appareil n'était pas
commandé, comme cela se fait d'habitude par cellules
photoélectriques (ou photorésistances), mais
par l'horloge de l'observatoire elle-même.
L'Héliodyne se comportait, en somme, comme une
horloge fille dont l'horloge mère était celle
qui donnait l'heure astronomique: l'intérêt
d'un tel dispositif était de rendre la
régulation indépendante de la
nébulosité.
Pour terminer si on sait que sa puissance théorique
utilisable à 3000 °k dépasse les 32KW, on
comprend pourquoi l'Héliodyne de Bouzareah est
considéré comme le premier four solaire au
monde de cette importance.
ACTIVITÉ
L'Héliodyne de Bouzareah est toujours en
activité dans la cadre du CDER Centre
de Développement des Energies Renouvelables qui
dépend du Ministère de l'Enseignement
Supérieur et de la Recherche Scientifique.
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