Revue Science du 11 juin
2004
Des chercheurs de l'Institut Max-Planck de Leipzig
estiment que les facultés d'apprentissage de Rico
rivalisent avec celles d'un petit enfant.
Dans la revue Science du 11 juin, Juliane Kaminski et ses
collègues expliquent que Rico sait rapporter
à sa maîtresse, installée dans une
autre pièce, l'objet qu'elle lui réclame
parmi sa collection innombrable de jouets et balles aux
noms aussi divers que Banane, Big Mac ou encore Zitrone.
Sur 40 essais, il en a récupéré 37
sans se tromper. Plus fort encore, l'animal
mémorise les mots avec une facilité
déconcertante. Il est capable de rechercher
à la demande, avec une réussite de 70 %, un
objet nouveau nommé une seule fois devant lui.
Quatre semaines plus tard, sans avoir revu l'objet en
question, il le retrouve dans la moitié des
cas.
"Cette faculté est comparable à celle des
enfants de 3 ans", soulignent les chercheurs allemands.
Pour eux, les capacités de Rico montrent que
"certains des mécanismes perceptifs et cognitifs
qui pourraient intervenir dans la compréhension du
langage étaient déjà en place avant
que les premiers humains commencent à parler".
Pas si vite, rétorque le psychologue Paul Bloom
(Yale University) : "Si Rico comprend réellement
les relations entre les sons et leur signification, il
doit pouvoir le faire avec n'importe qui." Or Rico
n'obéit qu'à sa maîtresse.
Pourrait-il suivre une instruction demandant de ne pas
récupérer un objet ? Ou apprendre des mots
n'ayant pas de rapport avec l'action de "rapporter" ?
"Les capacités de Rico sont fascinantes, conclut
Paul Bloom. Mais tant qu'on n'aura pas répondu
à ces questions, on ne pourra abandonner
l'idée que les enfants apprennent des mots, mais
pas les chiens."