5. LA FIN DU PÉTROLE BON MARCHÉ... POUR QUAND ?

 

Les milieux économiques ne semblent pas s'inquiéter de voir se tarir la source de leur richesse. Il y aurait encore pour 40 à 50 ans de pétrole "facilement extractible"....

Les géologues en doutent fortement: la croissance des réserves depuis 1980 n'est qu'une illusion reposant sur des révisions tardives des estimations initiales. L'augmentation des réserves de l'OPEP de 40 milliard de tonnes entre 1997 et 1998 ne correspond à aucune découverte majeure de gisements nouveaux! Dans le dernier numéro de POUR LA SCIENCE, Colin Cambell et Jean Laherrère voient le commencement de la fin pour la première décennie du XXIème siècle.

Pour la Science, N°247, mai 1998, p.36, Voir aussi : http://www.pourlascience.com

Le déclin

La consommation mondiale de pétrole croît aujourd'hui à un rythme supérieur à deux pour cent par an. Depuis 1985, la consommation d'énergie augmente d'environ 30 pour cent en Amérique latine, de 40 pour cent en Afrique et de 50 pour cent en Asie. D'après l'administration américaine, la demande mondiale en pétrole augmentera de 60 pour cent vers 2020, pour atteindre alors environ 5,5 milliards de tonnes par an.

Le déclin de la production pétrolière engendrera probablement des tensions économiques et politiques. À moins que l'on n'utilise rapidement d'autres formes d'énergie, la part de marché de l'OPEP augmentera rapidement pour dépasser 30 pour cent dans deux ans, atteignant ainsi le niveau des années 1970, au moment des chocs pétroliers.

Le prix du pétrole augmentera sans doute considérablement: les augmentations réduiront la demande et ralentiront la production durant dix années peut-être (la demande a chuté de plus de dix pour cent après le choc pétrolier de 1979 et a mis 15 ans pour retrouver son niveau antérieur), mais, vers 2010 environ, nombre de pays du Moyen-Orient auront eux-mêmes épuisé plus de la moitié de leurs réserves. La production pétrolière mondiale chutera.

Si l'on s'y prépare suffisamment tôt, la transition ne sera pas nécessairement traumatisante. Si l'on rentabilise et si l'on diversifie les techniques de production de carburants liquides à partir du gaz naturel, ce dernier pourrait devenir la prochaine source d'énergie des transports. Une énergie nucléaire plus sûre, des énergies renouvelables moins chères et des plans de stockage* du pétrole retarderaient également le déclin inévitable du pétrole classique.

Dès aujourd'hui, les pays devraient planifier la gestion de l'énergie et investir dans de nouvelles recherches. La planète n'est pas encore à court de pétrole, mais nous devons envisager la fin du pétrole abondant et bon marché.

 

LA CROISSANCE DES RÉSERVES PÉTOLIÈRES DEPUIS 1980 N'EST QU'UNE ILLUSION REPOSANT SUR DES RÉVISIONS TARDIVES DES ESTIMATIONS INITIALES.

graphique réserves

*En Suisse les stocks stratégiques ont été réduits de huit mois à six mois..... et à bord du Titanic tout va très bien, merci ! PN

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