3. DU COMPOSTAGE DES DECHETS VERTS A GENEVE
Le Centre de Compostage Arve-Lac, (CCAL) dont il est question ici, s'inscrit dans les objectifs du plan 1998-2002 de gestion des déchets du canton de Genève, qui prévoit le besoin de trois centres de traitement et de valorisation des déchets organiques provenant de ses collectes sélectives.
La mission du CCAL est de prendre en charge les déchets organiques triés à la source des communes dites Arve-Lac du canton, de paysagistes, de l'agriculture, du commerce, de l'artisanat, et sous certaines conditions, les déchets de particuliers.
La capacité nominale de traitement a été fixée à 10'000 t/an, en accord avec les projections du plan cantonal.
Le concept de traitement associe un procédé de compostage automatisé en silos couloirs confinés et un système de biométhanisation modularisé, qui répondent ensemble aux exigences environnementales et d'hygiène imposées par la localisation du centre.
Le bilan des déchets commandait de définir le compostage en tant que voie de traitement principale, à installer en premier lieu, et la biométhanisation en tant que voie de traitement associée, pour répondre aux besoins des collectes sélectives, qu'il appartient désormais aux communes d'organiser et de stimuler.
Une justification particulièrement intéressante du projet était de réaliser un partenariat entre des collectivités en recherche de solution pour traiter leurs déchets, et une entreprise horticole intéressée par les produits agronomiques et énergétiques de leur traitement.
La profession horticole est en effet non seulement coutumière du recyclage des déchets organiques sous la forme de compost, mais à côté de cela, avec des serres consommant environ 6 fois plus d'énergie au m2 qu'un immeuble d'habitation, elle se doit de rechercher des alternatives aux énergies fossiles pour le chauffage de ses cultures
Or, le compostage délivre en abondance une énergie calorifique (de basse enthalpie) qui n'est à l'heure actuelle pas récupérée, et la biométhanisation source de biogaz, convertible en électricité et en chaleur.
La nouvelle activité, totalement abritées dans une serre spécialement aménagée d'environ 1'500 m2, s'intègre non seulement dans les gabarits standards de la profession horticole, mais également dans sa problématique d'exploitation. Elle constitue donc la source d'énergies alternatives mentionnée, mais aussi de compost, en tant que substitut à la tourbe pour l'élaboration des substrats de culture.
Après plus de huit années de gestation, et il faut le dire, d'extrême indécision de la part des municipalités concernées, le projet doit essentiellement à la nouvelle législation cantonale d'avoir atteint le stade de la réalisation : en effet, celle-ci impose désormais que toute installation de traitement des déchets soit au bénéfice d'une autorisation d'exploiter, ce qui ne fait actuellement pas que des heureux, et explique quelques manifestations d'humeur dont la presse s'est faite l'écho ces derniers temps.
(A suivre)F-R.Mahrer