7. LE RÔLE DES MASS-MÉDIA DANS LE DÉBAT SUR L'ÉNERGIE

Dans le cadre du cycle de formation du Centre Universitaire d'Etude des Problèmes de l'Energie à Genève, le journaliste scientifique Suren Erkman a procédé jeudi 13 janvier à une analyse lucide des conditions de travail des journalistes et il a souligné les limites de l'information objective dans les grands groupes de presse actuels, obnubilés par la conquête d'un maximum d'acheteurs (on ne parle plus de lecteurs, car le journal est maintenant un produit qu'il faut vendre).

Les critères formels pour les mass-media sont aujourd'hui les suivants:

  • L'événement doit être ponctuel
  • Enthousiasme
  • Immédiat, Unique, Extraordinaire
  • Simple (accessible à la ménagère)
  • Dans la logique du " sans-limite "
  • Personalisé
  • Non-institutionnel
  • Si possible " Bould'hum " (impliquant un bouleversement de l'humanité)
  • Naturellement exclusif (scoop)

Suren Erkman a écrit pendant de nombreuses années dans feu le Journal de Genève, et lorsqu'un auditeur lui a demandé quelles possibilités avait un journaliste aujourd'hui de faire connaître les vrais problèmes de l'énergie avec de tels critères, il a répondu qu'il ne les voyait pas et que, pour cette raison, il ne travaillait plus pour aucun journal.
On ne peut que lui donner raison lorsque l'on voit le silence radio observé dans le domaine de l'énergie par le successeur du Journal de Genève et Gazette de Lausanne. Quoique lundi 17 janvier, en lançant un nouveau supplément sur l'immobilier, le Temps ouvrait ses colonnes à un bien beau principe : celui de l'habitat électrogène. Plus belle démonstration des principes énoncés par Suren Erkman serait difficile à trouver, mais nous vous laissons juge !

.........L'Habitat électrogène se présente comme une maison entièrement autonome, fonctionnant en vase clos. Aucun apport de l'extérieur: toute l'énergie utile au fonctionnement de la maison vient de la récupération de l'énergie gaspillée par les habitants dans leurs mouvements quotidiens. Gilles Barbier a mis au point de multiples techniques pour récupérer au maximum cette énergie et la transformer en électricité. Ainsi, le manche à balai est relié à une dynamo qui produit de l'électricité à chaque balancement. Même principe pour récupérer l'énergie générée par les déplacements de l'habitant dans sa maison: une bobine se déroule et s'enroule à chaque mouvement activant une dynamo. Plus subtile, la récupération de l'énergie produite par les paroles ou les éternuements des habitants: on place devant la bouche une petite éolienne, laquelle transforme le souffle de la voix en électricité. De même, à chaque anniversaire, le souffle de l'enfant sur les bougies de son gâteau est capté par ce même principe de microéoliennes pour être ensuite transformé en électricité. Cette électricité est ensuite stockée, canalisée puis réinsufflée dans l'habitat. Les maisons peuvent être groupées. Elles constituent alors des sortes de villages montés en série, en parallèle ou en accumulation. Le principe de l'Habitat électrogène renverse l'ordre des choses qui voudrait que la maison soit le lieu de la consommation des biens, celui de la dépense énergétique. Ici, au contraire, la maison devient un lieu de production de ressources et de création d'énergie. Une écologie appliquée au plus près du corps, laquelle révèle d'une façon fictive les liens physiques qui nous unissent à la circulation globale de l'énergie dans le monde.

Ph. R.

Pour ne pas commencer ce millénaire sur un constat trop pessimiste, disons que Suren Erkman pense que d'autre canaux de diffusion de l'information sont en train de voir le jour:

Le PubliForum est une information à la carte qui échappe en principe aux pressions et Internet sera un formidable outil, à condition d'utiliser de bons filtres ! La survie d'un journal d'information indépendant, avec un coût d'abonnement plus élevé, serait peut-être une possibilité (comme les aliments bios et le courant écologique). Il existe déjà de bonnes feuilles d'information sur des sujets spécifiques, comme CentreInfoNews qui analyse les bilans écologiques des grandes industries.

JMC

 

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