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Le
soleil catalan à l'assaut du C02
A l'instar de nombreuses mégalopoles européennes, Barcelone commence sérieusement
à manquer d'oxygène. Forts de ce constat, les édiles locaux ont décidé
de prendre le taureau par les cornes et d'enrayer le phénomène.
Résultat
Depuis le 1er août 2000, un arrêté municipal impose la mise en place de
chauffe-eau solaires sur tous les bâtiments collectifs construits ou rénovés
à compter de cette date. Un acte fort qui marque la volonté politique
de cette grande ville du sud de l'Europe dans sa lutte contre la pollution.
Etats des lieux
Barcelone l'industrielle, Barcelone, poumon économique de l'Espagne,
Barcelone grand port méditerranéen mais aussi aujourd'hui, Barcelone place
forte de l'énergie solaire en Europe. Depuis le 1er août 2000, rien ne
sera plus comme avant pour les promoteurs et constructeurs catalans de
grands ensembles. Ces professionnels du bâtiment ont pour obligation d'intégrer
systématiquement dans leurs projets des installations solaires thermiques
à savoir des chauffe-eau solaires. Cette décision a été prise par arrêté
municipal de juillet 1999, arrêté entré en vigueur en août 2000.
Une volonté politique
En France et plus généralement en Europe, un tel arrêté n'est juridiquement
pas envisageable. Difficile en effet d'imposer à des corps de métier une
solution solaire pour le chauffage de l'eau sanitaire alors même que cette
solution induit un surcoût de fabrication. "Il est clair que, par rapport
à certaines villes françaises par exemple, nous avons une certaine latitude
de décision sur un plan local à Barcelone, estime Joan Carles Lopez, directeur
du département énergie de la capitale catalane. Mais, il est clair également
que cette décision d'imposer le solaire thermique dépend d'une volonté
politique affirmée ". Pour l'heure et jusqu'au 31 janvier 2001, cet arrêté
ne s'applique que sur certains quartiers neufs de la ville pour les bâtiments
ayant une consommation d'eau chaude supérieure à 4000 litres/jour. Si
c'est moins, d'autres solutions peuvent être envisagées. Après le 31 janvier,
le volume sera porté à 2000 litres par jour sur l'ensemble de la cité
barcelonaise ce qui sous-entend que des réalisations de taille plus petite
seront, elles aussi, concernées. A Sant Joan Despí, une bourgade voisine
de Barcelone, l'arrêté pris est encore plus restrictif. Le volume de consommation
quotidienne au-delà duquel est obligatoire l'installation de chauffe-eau
solaires, ne s'élève qu'à 750 litres/jour.
Les professionnels et
le public suivent
Cette décision municipale d'imposer les chauffe-eau solaires a été longuement
commentée voire redoutée un temps quant à sa perception auprès des professionnels
concernés. "Finalement, nous nous sommes aperçus après de nombreuses réunions
que tous les gens du secteur l'accueillaient de manière très positive,
admet Joan Carles Lopez. Et le public suit également. D'après une enquête
de la Mairie, 80% des gens sont prêts à payer 10% de plus pour utiliser
des énergies propres". Pour favoriser la promotion des énergies renouvelables,
la municipalité a d'ailleurs délégué un espace d'informations en plein
cœur de Barcelone. Sa fréquentation a plus que doublé en un an. Elle a
également diffusé des informations dans les collèges……….
Barcelone pense aux générations
futures
Si les derniers immeubles construits sont soumis à l'arrêté, les anciens
ne seront pas non plus oubliés. Dans les deux ou trois ans qui viennent,
la ville de Barcelone choisira parmi les 800 édifices municipaux, ceux
qui ont besoin d'eau chaude (piscines, écoles, gymnases, etc.) afin de
les équiper de capteurs solaires thermiques. Pour la quinzaine de marchés
municipaux, symboles de vie dans les quartiers, on cherche des solutions
pour les équiper d'installations solaires soit thermiques pour l'eau chaude,
soit photovoltaïques pour la production d'électricité. Un symbole fort
entre un service de proximité de centre ville et une énergie propre. La
mairie de Barcelone devient de la sorte un véritable prescripteur dans
l'utilisation des énergies renouvelables. " Nous devons servir d'exemple
pour les jeunes générations " confie sobrement Joan Carles Lopez. Barcelone
la solaire est donc sur de bons rails. Ville de culture et d'architecture,
elle porte également une attention toute particulière à l'intégration
des capteurs sur site. " Nous travaillons beaucoup le thème de l'esthétique
avec le Patronat Municipal de l´Habitatge, office HLM de la ville, se
réjouit Joan Carles Lopez. Vous savez les concepts esthétiques changent
au cours du temps mais nous savons déjà qu'il est possible de réaliser
des installations réussies ". Un aspect à ne pas négliger pour une parfaite
harmonie.
100 000 m² d'ici à fin
2002
La mise en place de l'arrêté municipal correspond en fait à l'élaboration
d'un véritable programme énergétique, dans tous les sens du terme. L'objectif
d'un tel plan porte sur 100'000 m² installés d'ici à fin 2002. Ce programme
est également en phase avec les compromis énoncés lors de la conférence
de Kyoto à savoir la nécessité de substituer 12% d'énergie fossile par
des énergies renouvelables et également une diminution de 17% des rejets
de C02 pour chaque pays de l'Union Européenne. Joan Carles Lopez se demande
d'ailleurs de quelle manière les Français vont-ils pouvoir respecter les
nouvelles normes d'émission en vigueur si la loi ne les autorise pas à
instituer de tels arrêtés. En Espagne, l'exemple de Barcelone est suivi
de près et d'autres villes et villages pourraient adopter un tel arrêté
dans les mois à venir.
Aides financières
Pour l'installation de capteurs solaires,
deux aides compatibles sont possibles pour 2000 : · l'une du gouvernement
régional qui se monte à 35.000 pesetas (soit environ plus de 200 euros)
par m² de capteurs installé. · l'autre de la ville qui est de l'ordre
de 25% par rapport au coût total de l'installation Ces aides représentent
en gros 50% du prix de l'installation.
" La lettre de l'ENERGIE SOLAIRE " est diffusée
par courrier E-mail.
Il est possible de s'inscrire sur le site de la société TECSOL
http://www.tecsol.fr
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