2. RÉSOLUTION DE L'ASSEMBLÉE GÉNERALE


La 14ème Assemblée générale ordinaire de la PROMES s'est tenue vendredi 4 mai à Domdidier sous la présidence d'Isabelle Opan. Après une visite des installations de production d'énergie du Centre d'Entretien Autoroutier conduite par MM. Guénat et Audergon, les membres présents se sont retrouvés à l'Hôtel de la Croix-Banche pour ce rendez-vous annuel suivi du traditionnel repas qui fut très animé. Si la situation du marché solaire thermique a été reconnue comme plutôt satisfaisante, celle du solaire photovoltaïque a fait l'objet de nombreuses interventions et une résolution, dont le texte figure ci-dessous, a été adoptée à l'unanimité et communiquée à la presse:

 

Photovoltaïque, pour sortir de la crise

La PROMES (Association des professionnels romands de l'énergie solaire) à l'occasion de son assemblée annuelle du 4 mai 2001 lance un appel aux autorités fédérales pour qu'elles définissent une politique sensée des énergies renouvelables permettant un développement durable de l'énergie solaire.

Pour rester compétitif vis-à-vis de nos voisins européens, nous demandons aux autorités fédérales de mettre en place des mesures sérieuses permettant de préserver le formidable savoir de l'industrie photovoltaïque suisse. Il n'est pas encore trop tard pour agir.

En garantissant par contrat de 20 ans le rachat de l'électricité photovoltaïque à un prix suffisant, le marché est stimulé par de nombreux investisseurs, même modestes, qui permettent l'installation de systèmes de production d'électricité indigène et respectueuse de l'environnement. Ce modèle simple, adopté par l'Allemagne, ne demande qu'un minimum de travail administratif, et son efficacité est démontrée.

L'industrie photovoltaïque suisse ne demande pas l'aumône; elle demande à pouvoir couvrir ses frais de production comme tous les autres agents énergétiques qui injectent du courant dans le réseau. Si la chose n'est pas possible en Suisse comme elle l'est dans d'autres pays, alors l'industrie photovoltaïque suisse sans marché local devra s'exporter pour survivre et maintenir son avancée technologique. Le rôle de pionnier qu'elle avait acquise dans les domaines de l'intégration et du raccordement au réseau sera perdu et ce savoir-faire passera à l'étranger.

Les pays européens et le Japon vivent un boom de l'énergie solaire, en Suisse, les projets photovoltaïques sont en crise.

Longtemps la Suisse a été dans le peloton de tête, mais elle ne s'est pas dotée d'une politique économique et financière concrète pour le soutien de la filière photovoltaïque. L'ensemble de ce secteur se débat dans une situation de crise où seuls quelques privilégiés reçoivent des miettes pour l'étude de petits projets.

La situation européenne :
Suite aux résolutions de Kyoto, les pays européens ont débloqué massivement des fonds pour encourager l'usage des énergies renouvelables, notamment de la production d'électricité photovoltaïque, qui a encore besoin d'un coup de pouce financier pour sa diffusion à large échelle.

Quelques exemples :

  • l'Allemagne, avec un prix de rachat du kWh photovoltaïque à 99 Pfennig pour tout le pays à la charge des compagnies d'électricité, à ceci s'ajoutent des aides au financement selon les régions,
  • l'Espagne, avec un prix de rachat du kWh à près d'un franc suisse jusqu'à 5 kW de puissance installée, à ceci s'ajoutent des aides régionales et européennes,
  • l'Italie a lancé un programme national de 10'000 toits photovoltaïques et soutient ses fabricants à travers différents programmes d'aide financière. Les particuliers et collectivités peuvent aussi bénéficier d'aide régionales et européennes.
  • L'Autriche et même la France leur ont emboîté le pas. Ce dernier pays propose un prix de rachat de 1 franc français, mais offre différentes aides qui cumulées permettent un financement de près de 80% du coût (voir note 1).
  • En Suisse, après la votation du 24 septembre dernier, nos dirigeants ont baissé les bras en créant ainsi une situation de crise pour toute la filière photovoltaïque du pays. Des bureaux d'études aux artisans et installateurs, tous sont touchés. Grâce aux efforts des pionniers de la première heure, nos entreprises sont encore à la pointe de la technologie, mais pour combien de temps encore? Sans une politique cohérente de la Confédération pour définir des conditions cadres permettant un développement harmonieux de l'industrie photovoltaïque, l'avance technologique de la Suisse sera galvaudée et les principaux acteurs de ce secteur devront s'exporter pour survivre dans des pays où la politique de l'énergie le leur permet.

Notes:

1) Aides en France: soutien financier au niveau national par l'ADEME 15% des coûts globaux de l'installation, à ceci s'ajoute une TVA à 5,5% au lieu de 20,6% pour les installations posées sur des immeubles de plus de 5 ans, ainsi que des mesures fiscales pour les investisseurs. Au niveau européen, dans le 5 ème programme cadre 35% des coûts subventionnés, au niveau régional, par exemple Rhône-Alpes, 30% de subvention. Le système mis en place est relativement complexe, mais permet un décollage du photovoltaïque raccordé au réseau dans un pays qui avait pris du retard et qui aujourd'hui importe pratiquement tous les composants…

2) Le Japon vit un formidable développement de la production d'électricité photovoltaïque où les 41'000 ménages déjà équipés de panneaux solaires auront passé à 1.3 millions en 2010 grâce à une stratégie à long terme qui encourage l'industrie.

Remarque: L'expérience démontre que la plupart des investisseurs qui ont une centrale photovoltaïque sur leur bâtiment prennent des mesures par la suite pour acheter des appareils avec une meilleure efficacité énergétique et complètent souvent leur installation par un système de préchauffage d'eau chaude sanitaire.

 

 

 

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